7 façons de rester simple lors de la conception d’interface

Images de chameaux dans le désert

Lorsque l’on conçoit un projet Web, une des plus grandes difficultés est, selon moi, de rester simple. Simple dans quel sens? Dans le sens où l’on veut simplifier la vie de l’usager au maximum afin de rendre son expérience la plus fluide et la plus agréable possible. Est-ce si simple que ça? Non! On a toujours de grandes idées d’outils, de fonctionnalités, de contenus formidables, et on a aussi au travers de ça, des tas de contraintes.

Avec tout cet intéressant mélange, il faut obtenir au final une interface efficace qui répond rapidement aux besoins de l’utilisateur sans le décourager. Beau pari! Il faut éviter d’arriver à une interface qui regorge d’outils superperformants-et-complets-mais-tellement-nombreux-qu’ils-sont-inutilisables.

Dans la conception, cette simplicité est la responsabilité de tous : l’architecte d’information, le stratège de contenu, le designer, le chargé de projet et aussi le client. Alors, comment fait-on?

1- Connaître les besoins

La première manière de simplifier l’expérience de l’utilisateur est de répondre à ses besoins. Ni plus ni moins! D’où l’importance de très bien connaître ses besoins : il existe de nombreuses méthodes pour ça (enquêtes utilisateurs, observation en contexte, journal quotidien, immersion, etc.). Il faut que les fondations de la maison soient solides pour assurer la qualité de celle-ci.

2- Garder en tête les objectifs

Pour atteindre une certaine simplicité, il faut maintenir le cap sur nos objectifs principaux, c’est ça notre but. Ces objectifs doivent être clairement définis et validés par le client. Il est ensuite impératif  de les communiquer à tous les intervenants dans le projet. Si toute l’équipe sait précisément où l’on s’en va, pourquoi et pour qui, il sera plus facile pour tous de se concentrer sur le plus important.

3- Établir des priorités

Dans la liste des fonctionnalités que l’on aimerait mettre en place, il faut choisir celles qui répondent le plus directement aux objectifs fixés et aux besoins des utilisateurs. Les autres, on les supprime. Oui, oui!

Par exemple, dans un site de commerce électronique, on peut mettre en place un moteur de recherche, une recherche avancée, des filtres avec des cases à cocher, un bouton « plus d’options », des filtres sous forme de liens, un outil de tri, une recherche par mot-clé ou code produit. Ça fait beaucoup de choses. Ça peut être adapté dans certains cas, mais ça peut l’être beaucoup moins dans d’autres. Il faut questionner ces fonctionnalités lors de la conception des interfaces, identifier ce qui est superflu, incontournable (must-have) ou optionnel (nice-to-have).

Il en est de même pour les contenus. Lorsque l’on fait une refonte de site Web, faut-il reconduire TOUS les contenus? Est-ce qu’il faut les reconduire parce que «Tant qu’à les avoir, autant les mettre»? Non! Il y a fort à parier que certains des contenus élaborés il y a un certain temps devraient être supprimés. Concentrons-nous sur l’élaboration de nouveaux contenus de qualité, et supprimons les contenus inutiles ou désuets. Il s’agit là encore de priorisation. L’ensemble s’en trouvera allégé, et tout le monde sera content, l’utilisateur en premier!

4- Limiter les contraintes

Exergue-Chameau-comite

Aux contraintes Web s’ajoutent celles des organisations: contraintes politiques, économiques, humaines. Il est donc préférable de ne pas faire valider les maquettes par un trop grand nombre de personnes chez notre client. Chacune d’elle aura ses propres envies, ses goûts, ses priorités et ses idées. On ne peut envisager de répondre à tout ça, car les conséquences sont habituellement lourdes : on complique la prise de décisions, on change souvent de direction, on ne respecte plus le plan, on coûte cher en salaires, tout ça, multiplié par le facteur «temps» et «déprime». Et comme le dit si bien l’adage populaire :
«Un chameau est un cheval conçu par un comité».

Pour favoriser le bon déroulement du projet, les quelques intervenants qui valident le travail doivent suivre son évolution depuis le début et surtout en connaître les objectifs. Il faut aussi qu’ils aient un pouvoir décisionnel.

5- Filtrer les besoins

Dans un projet Web, il faut répondre au plus grand nombre de besoins de nos utilisateurs pour les aider à atteindre leurs objectifs. Cependant, il faut le faire avec parcimonie, car la satisfaction de certains besoins peut rapidement devenir nuisible pour le projet, ou déraisonnable selon le contexte. Il est donc très important de faire le tri.

Par exemple, si un besoin soulevé dans l’enquête utilisateur rejoint seulement 2% de notre clientèle, on peut y réfléchir à deux fois. Si la réponse à ce besoin complexifie l’expérience de 98% des utilisateurs et que ça augmente les coûts de développement, alors on laisse tomber, c’est un no-brainer! Mais la situation n’est pas toujours aussi simple à trancher. Dans ce cas, il faut examiner la situation, évaluer les risques et les gains, et prendre la meilleure décision pour l’utilisateur.

6- Limiter le nombre d’étapes pour l’usager

Il est important de simplifier l’expérience utilisateur en enlevant les actions superflues. Que ce soit pour un achat en ligne, faire une recherche, créer un profil personnel, ou encore faire une soumission d’assurance, il est primordial d’éviter les étapes inutiles. Chaque étape doit être questionnée pour valider sa pertinence. A-t-on vraiment besoin de ces informations? Ce champ de formulaire est-il vraiment nécessaire? Est-ce que cet outil apporte quelque chose à l’utilisateur dans cette étape?

7- Simplifier l’ensemble

Et une fois que c’est simplifié, simplifiez encore! Plus c’est simple et intuitif, moins l’usager a d’efforts à fournir pour « utiliser l’outil », et plus son attention est concentrée sur le contenu. On augmente ainsi les chances qu’il passe à l’action. Et la seule façon d’être sûr que notre proposition est efficace est de la tester auprès des utilisateurs avec un test utilisateurs en bonne et due forme.

Si l’usager bénéficie d’une expérience globale satisfaisante, il sera plus enclin à réitérer, à la partager, à en parler à son entourage. N’est-ce pas là l’objectif ultime?

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2 Commentaires

  1. mathias
    3 juin 2014

    Très bon article ! Il est difficile de faire valider les maquettes par le moins de personne, un sacré défis !

    Réponse
    • Antoine Viau
      25 juin 2014

      Oui, effectivement, c’est tout un défi. Il y a beaucoup d’éducation à faire auprès du client pour favoriser le «lâcher-prise». Il faut rapidement établir une relation de confiance et faire valoir au client le fait qu’on nous engage sur la base de notre expertise et aussi, qu’ils ont toute une équipe de professionnels qui travaille en amont sur le projet pour les délester de certaines responsabilités. À chaque point de chute, son processus de validation et ses responsables. Ce qui veut dire qu’au bout de la chaîne, les différents responsables ont fait leur devoir et ont su représenter l’organisation tout au long du processus. Si tout ça est respecté, un dirigeant ne devrait pas exiger de modifications majeures… Mais on sait que ce n’est pas toujours le cas.

      Voici un article intéressant qui traite de certains aspects de la relation client et de l’attitude qu’un professionnel doit adopter:
      The Eight Most Common Mistakes Made on UX Design Projects

      Réponse

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