La typographie, un vecteur d’émotions! Vrai ou faux?

Écrit  par   le 6 Mar 2013  dans Expérience utilisateur, UX, Rédaction Web, Stratégie de contenu   

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Pour un designer graphique, l’importance de la typographie dans l’aménagement d’un contenu est indéniable. Pour les autres, difficile d’être aussi catégorique! Cependant, présentez-leur différentes fontes et ils iront de leur réflexion, de leurs impressions et d’une hésitation avant d’arrêter leur choix. Que se passe-t-il alors?

Les bouquinistes vous le diront… Un passant s’arrête, une impression indubitable dans le regard… il a vu quelque chose: une couverture, une image, un titre. Puis un geste se pose sur la reliure, le poids du livre dans la main, le grain du papier qu’il fait courir entre ses doigts. Le livre ouvert, les yeux plongés dans l’encre, le lecteur amarre enfin son coeur aux fins caractères qui le transporteront, mot à mot, vers l’assouvissement…

De fond en forme et le paradoxe de la typo Web

À l’ère du numérique, que nous reste-t-il de cette expérience sensorielle qui détermine ce premier attachement au contenu? …La typographie du moins! Mais cet aspect du design s’est heurté à plusieurs contraintes liées à l’évolution technologique, limitant son utilisation à quelques polices de caractères. Encore aujourd’hui, une grande majorité de projets Web appuient leur design sur les 13 grands groupes typographiques dits « CSS Web Safe Font Combinations ».

Bien que cette sélection universelle comporte un éventail de polices capables de couvrir l’essentiel des besoins fonctionnels, il demeure que plusieurs de ces polices ne présentent pas une anatomie du caractère adaptée à l’affichage-écran. Le grand paradoxe illustrant le mieux cette situation se trouve dans la plupart des navigateurs qui utilisent par défaut, et depuis toujours, la police Times New Roman, une déclinaison moderne (1931) des polices réales datant du 18e siècle! Cette police, destinée à l’impression comporte autant de déliés que d’angles, ce qui ne favorise pas son interfaçage à une matrice de pixels rectilignes.

Qu’à cela ne tienne, les performances des écrans offriront dorénavant des définitions dépassant les capacités rétiniennes ce qui devrait permettre une diversité grandissante de l’univers typographique dans le développement des interactions homme-machine.

L’art et la science de l’écrit

L’histoire de la typographie pourrait certainement recenser des dizaines de milliers de familles typographiques. Cet inventaire presque obsessif n’est-il pas la preuve sensible que l’art de la typographie est un vecteur émotionnel? Sans doute. Et pourtant, le Web maintient l’usage prédominant des quelques familles de caractères les plus typiques comme Georgia, Verdana ou Arial.

Plusieurs études ont d’ailleurs tenté de déterminer si l’esthétique de la typographie avait un impact direct sur la vitesse de lecture et la rétention de l’information. The Aesthetic of Reading [PDF, 480 Ko] cité dans Effects of Typography on Reader Mood and Productivity · UsabilityPost en fait état. Bien que les résultats soient nuancés, une grande conclusion émerge: Typography matters (la typographie compte)! Ne serait-ce que sur le plan émotionnel alors que la typographie et sa mise en forme offre des qualités et des caractéristiques qui améliorent la disposition du lecteur. Cette influence agit sensiblement sur sa perception du temps, son endurance à la tâche et sa satisfaction.

L’ascension numérique culmine sur un univers typographique

La popularité des liseuses et des tablettes numériques, de même que celle des téléphones intelligents contribue à démontrer l’importance de l’aménagement typographique sur les écrans. En effet, depuis l’avènement du iPhone et de la Kindle en 2007, le développement d’applications et de techniques de programmation visant à optimiser la lecture à l’écran a été fulgurant. En 2009, le projet arc90 fait naître Readability une application en ligne permettant d’extraire le contenu textuel d’un site Web pour en simplifier sa mise en page et favoriser sa lecture à l’écran. Le projet, aussi disponible pour les tablettes et téléphones intelligent, traite les facteurs déterminants la lisibilité, soient: le choix d’une typographie, sa taille, la couleur de fond, le contraste et la largeur de ligne. Il est dès lors possible de personnaliser la consultation Web à l’écran.

Cependant, ces applications tierces demeurent des solutions intermédiaires. Aujourd’hui, les techniques de programmation s’ouvrent à de nouvelles avenues pour offrir des sites Web adaptatifs avec une conception de type Responsive Web Design ou Adaptative Web Design. En contrepartie, le choix typographique ne sera plus une option offerte à l’utilisateur. Un mal pour un bien qui, en quelque sorte, ouvre la voie aux designers qui pourront dynamiser et préserver leur création en intégrant une variété de polices de caractères à leurs compositions. Que ce soit par l’intégration d’une API ou de quelques lignes de codes, il est maintenant simple d’utiliser des polices qui ont du caractère. Typekit, Webtype, Google Web Fonts et bien d’autres offrent le choix parmi des milliers de polices de caractères affichables à l’écran.

Bien que cette relative nouveauté ne soit pas encore à toute épreuve, il demeure qu’elle propose une évolution prometteuse qui permet aux communicateurs et aux créateurs, de concert avec les ergonomes, de mieux servir le client en rehaussant la valeur du message et celle de l’expérience utilisateur!

À voir, a must: On Web Typography une conférence de Jason Santa Maria (42 min.).

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Crédit photo

Unsplash | Florian Klauer

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